UNISWAP

Uniswap occupe aujourd’hui une place centrale dans l’écosystème de la finance décentralisée. Pour comprendre son rôle actuel, il est nécessaire de revenir sur son origine, sur les mécanismes de gouvernance et de sécurité qu'il met en place ainsi que sont fonctionnement
Création d'UNISWAP
Uniswap a été créé en 2018 par Hayden Adams, un ancien employé de Siemens licencié qui avait appris à coder environ un an auparavant grâce à une bourse Ethereum. À cette époque, l’échange de cryptomonnaies reposait presque exclusivement sur des plateformes centralisées (CEX) comme Kraken. L’apparition d’Uniswap marque une rupture avec ce modèle en introduisant le concept de Decentralized Exchange (DEX).
C'est assez novateur pour l'époque, car un DEX ne nécessite pas d’inscription ni d’intermédiaire centralisé. C'est à dire qu'il n’existe pas de service client ou d’entité qui contrôle directement les transactions. Le protocole fonctionne directement sur la blockchain via des portefeuilles comme Metamask ou Phantom. Même si l’interface web d’Uniswap disparaissait, le protocole continuerait de fonctionner tant que la blockchain existe.
Evolution et prise d'indépendance
À ses débuts, Uniswap fonctionnait uniquement sur Ethereum et dépendait entièrement de son réseau, notamment de ses frais de transaction et de sa capacité. Avec la croissance de l’écosystème et les contraintes liées à Ethereum, le protocole a progressivement évolué vers un modèle agnostique du support. C'est à dire qu'il est devenu indépendant de la blockchain spécifique sur laquelle il fonctionne. On peut comparer cela à des services comme Netflix, accessibles sur plusieurs types de supports sans dépendance technique directe.
C'est pourquoi il est aujourd’hui déployé aussi sur plusieurs Layer 2 comme Arbitrum, qui dépendaient donc de la sécurité d'ETH. Mais il peut également fonctionner sur des architectures et des chaînes différentes comme Polygon, qui n'ont plus rien à voir avec ETH. Le critère principal reste la présence de liquidité et de marchés actifs plutôt que la structure technique de la chaîne et c'est cela qui a fait sa force.

Gouvernance et ses problèmes
La gouvernance du protocole repose sur un modèle décentralisé via une DAO (Decentralized Autonomous Organization). Ce modèle vise à répartir les décisions entre les détenteurs du jeton de gouvernance. En 2020, Uniswap lance le token $UNI. Ce jeton permet de voter sur des propositions techniques ou budgétaires liées au protocole. Un exemple de sujet récurrent est le “fee switch”, qui consisterait à redistribuer une partie des frais de transaction aux détenteurs de UNI. Dans les faits, Uniswap Labs propose généralement les évolutions techniques et les détenteurs du token votent ensuite pour valider ou refuser ces propositions.
Ce système reste cependant exposé à certaines attaques. Une proposition peut par exemple être soumise de bonne foi mais contenir une faille exploitable, ce qui pourrait pousser un acteur malveillant à acheter rapidement des UNI pour faire passer le vote, un risque limité par le fait que la puissance de vote doit être déléguée avant ou au moment de la soumission de la proposition.
Un autre scénario concerne une prise de contrôle hostile par achat massif de jetons, rendu difficile par le coût très élevé nécessaire pour atteindre le seuil de validation ainsi que par le timelock qui laisse le temps à l’écosystème de réagir.
Les flash loans représentent aussi un risque théorique pour manipuler les votes, mais le système vérifie les soldes UNI sur le bloc précédent et impose une détention prolongée pour participer aux votes.
Enfin, le chantage ou la corruption de vote restent possibles en théorie, mais ils déclencheraient probablement un effondrement de la confiance et donc du prix du UNI, rendant l’attaque économiquement contre-productive.
En résumé, Le principal garde-fou d'Uniswap est l'alignement économique. Si quelqu'un essaie de détruire le protocole, il détruit la valeur des jetons qu'il a dû acheter très cher pour mener son attaque.

Sécurité d'UNISWAP
La sécurité constitue un autre pilier du protocole. Le code d’Uniswap fait partie des plus audités au monde, ce qui le rend globalement fiable pour l’utilisateur moyen. Toutefois, certains acteurs de l’écosystème sont plus exposés aux risques techniques. En effet, les fournisseurs de liquidité, qui sont essentiels au fonctionnement du protocole, sont principalement eux qui pourraient être impactés en cas de faille.
Et les failles, bien que rares, peuvent arriver. Par exemple, en mai 2025, un pirate a exploité une faille dans une extension de sécurité. Il a réussi à créer artificiellement des actifs numériques puis à les échanger contre des fonds réel et le montant estimé du vol était d’environ 11 millions de dollars
Pour rentrer plus en détails dans son fonctionnement, il faut regarder plus en détail la manière dont il a été crée.
Gestion de la liquidité sur Uniswap
Uniswap est basé sur un modèle appelé AMM (Automated Market Maker), a l'instar des OrderBook, la liquidité est gérée par une formule mathématique.
Le modèle AMM possède plusieurs avantages importants :
- Frais de gas réduits : il n’est pas nécessaire de placer ou annuler des ordres comme sur un OrderBook ce qui demande bcp moin de frai de gas.
- Liquidité efficace : même avec peu de liquidité, on obtien un prix continu et des spreads faibles.
- Accessibilité : n’importe qui peut fournir de la liquidité simplement, sans devoir utiliser des stratégies complexes comme les market makers professionnels sur les orderbook.

Pool de liquidité (maker)
Lorsque vous fournissez de la liquidité sur Uniswap, vous déposez deux actifs dans une pool (ex : WBTC/USDT).
Cette liquidité est répartie uniformément entre deux bornes de prix.
Cependant, comme vous êtes la contrepartie des traders, si le prix évolue fortement dans une direction, vous vous retrouvez avec une plus grande proportion de l’actif qui sous-performe.
Cette perte potentielle s’appelle l’impermanent loss, comparable au risque d’inventaire en market making.

Du a l'impermenent loss les fournisseurs de liquidité prennent un risque, ils ne le font donc pas gratuitement.
Pour cela ils appliquent des frais de trading, payés par les traders (takers).
Ces frais sont redistribués au prorata de la liquidité apportée aux prix executé.
Ainsi, plus votre liquidité est concentrée dans une zone de prix étroite, plus vous recevez une part importante des frais.

Swap (taker)
Les utilisateurs qui effectuent des swaps supportent plusieurs types de coûts :
- Frais de la pool
- Price impact : chaque trade modifie légèrement le prix
- Slippage : différence entre le prix au moment de l’envoi et celui de l’exécution
- Frais de gas de la blockchain

Uniswap V4 : les Hooks, une innovation majeure
La grande nouveauté d’Uniswap V4 est l’introduction des Hooks.
Les hooks sont des smart contracts que l’on peut ajouter aux pools afin d’en modifier ou d’en améliorer le fonctionnement.
Exemples de hooks possibles :
- Frais dynamiques en période de forte volatilité pour réduire l’impermanent loss
- Oracles intégrés pour comparer les prix avec d’autres plateformes et limiter l’arbitrage (donc réduire l'impermenent loss)
- Protections contre le front-running, pour éviter qu’un bot profite de votre slippage maximum
Les hooks rendent Uniswap beaucoup plus modulable et permettent de créer des pools adaptées à des besoins très spécifiques.
Conclusion
Uniswap permet de créer des échanges décentralisés où tout le monde peut fournir de la liquidité et échanger des actifs sans permission.
Il n’y a pas besoin de faire confiance à une entreprise ou à une institution :
code is law.